Mon enfant ne veut que moi pour le coucher (et rejette l’autre parent) : que faire ?
POV : ton bébé hurle si ce n’est pas toi qui le couches. Ou il refuse de prendre son biberon si c’est papa qui le tend. Ou il explose en larmes si ce n’est pas maman qui vient la nuit. Bref, t’as compris : ton enfant a une préférence parentale bien marquée. Et tu te demandes comment survivre à ça sans t’épuiser… ou blesser l’autre parent.

Respire, c’est 100% normal. Et surtout, ça ne veut pas dire que l’autre parent est nul ou que ton bébé ne l’aime pas. C’est une phase de développement ultra classique, mais pas toujours facile à vivre au quotidien.
C’est quoi une “préférence parentale” au juste ?
La préférence parentale, c’est quand ton enfant montre une préférence claire (et souvent intense) pour un de ses parents ou figures d’attachement. Il ou elle peut pleurer quand l’autre parent s’approche, protester si ce n’est pas « le bon parent » qui donne le bain, lit l’histoire ou vient consoler.
Et c’est particulièrement visible au moment du coucher.
Cette préférence peut être liée à plein de choses :
- le parent qui passe le plus de temps avec l’enfant
- celui qui répond le plus vite à ses besoins
- l’histoire d’attachement depuis la naissance (allaitement, portage, congé mat/pat, etc.)
- l’état émotionnel du parent (eh oui, les enfants sentent tout…)
C’est aussi une étape normale de l’attachement, qui permet à l’enfant de développer une sécurité affective stable… avant de s’ouvrir davantage aux autres figures d’attachement.
Mais même si c’est normal, ça pique parfois pour le parent mis de côté, et ça épuise celui qu’on réclame non-stop.
Pourquoi c’est encore plus intense au coucher (et la nuit) ?
Le moment du coucher est un moment de séparation émotionnelle. C’est la fin de la journée, les repères changent, la fatigue est là, et les émotions remontent en flèche.
Ton enfant cherche le maximum de sécurité. Et donc, il réclame LA personne en qui il a le plus confiance.
Très souvent, c’est le parent principal (souvent la maman). Et ça peut devenir un vrai sujet si tu veux que l’autre parent puisse prendre le relais.
Mais bonne nouvelle :
👉 C’est OK que ton enfant préfère un parent pour le dodo.
👉 C’est AUSSI OK de poser une limite et dire : “Ce soir, c’est papa/maman qui couche.”
Tu ne trahis pas ton enfant. Tu l’aides à grandir dans la sécurité de plusieurs liens d’attachement.
Ok, mais comment on fait concrètement ?
1. Préparer ton enfant en amont
Si tu sais que l’autre parent va gérer le coucher, prépare ton enfant pendant la journée. L’anticipation, c’est une arme magique avec les tout-petits.
- Parle-lui du plan : « Ce soir, c’est Papa qui va lire l’histoire. Moi je sortirai et je vous ferai un bisou avant. »
- Fais un petit jeu de rôle avec ses doudous.
- Utilise des supports visuels, ou invente une petite histoire avec un personnage qui vit la même chose.
Plus ton enfant est préparé, plus il pourra exprimer ses émotions dans un cadre sécurisant.
2. Accueillir les émotions avec douceur… mais fermeté
Même avec une bonne préparation, ton enfant risque de pleurer, protester, crier. Ce n’est pas un échec. C’est une réaction saine à la frustration ou à la séparation.
Le rôle du parent présent, c’est d’accueillir ça avec calme, tendresse et clarté :
- « Tu aurais préféré que ce soit Maman, je comprends. C’est difficile. Je suis là pour toi. »
- « Ce soir, c’est moi qui m’occupe de toi. Je suis content.e de passer ce moment avec toi. »
- « Tu peux être triste ET on continue notre rituel ensemble. Tu veux que je te raconte l’histoire de la grenouille rigolote ? »
Ce qu’on cherche ici :
✔ Accueillir l’émotion
✔ Ne pas céder (sinon l’enfant comprend qu’il suffit de pleurer plus fort pour changer le plan)
✔ Rester présent, disponible, doux
C’est cette constance qui apaise, pas le fait d’éviter la crise.
3. Créer un rituel spécial avec le parent moins préféré
L’autre parent ne doit pas chercher à “faire comme l’autre”. L’idée, c’est de créer une connexion spécifique, un petit rituel rien qu’à eux :
- une chanson que seul ce parent chante
- un jeu de lumière avec la lampe de poche
- une façon rigolote de border le lit
- une histoire inventée ensemble
Ces petites routines créent des repères uniques, et peuvent même faire que l’enfant attendra avec joie « la soirée avec Papa » ou « le rituel spécial avec Mamie ».
4. Renforcer la relation… en dehors du coucher
L’attachement se construit dans tous les moments du quotidien. Le parent moins préféré peut :
- prendre en charge d’autres moments-clés (repas, bain, sorties)
- être celui qui console quand il y a un bobo
- proposer des moments de jeu exclusifs (cache-cache, construction, bataille de coussins)

Et surtout : être là, vraiment là. Pas juste physiquement. Être présent, connecté, engagé.
Petit rappel : ce n’est pas celui qui donne le plus de purées qui devient la figure d’attachement… mais celui qui répond aux besoins émotionnels et relationnels.
Et pour les bébés ?
Pour les nourrissons, c’est encore un autre niveau. Si tu allaites, ton bébé est naturellement attiré par toi. Ton odeur, ta chaleur, ton lait = son univers.
Mais ça ne veut pas dire que l’autre parent ne peut pas s’impliquer !
Quelques pistes :
- Être seul.e avec le bébé (même 10-15 minutes par jour) pour créer un lien unique
- Offrir du peau-à-peau, du bercement, du portage
- Rester calme, même si bébé pleure. Les bébés ressentent tout : le stress, la panique…
Un bébé peut pleurer dans les bras de l’autre parent et malgré tout se sentir en sécurité, si cette personne reste calme, présente, et ne fuit pas l’émotion.
En résumé
👉 La préférence parentale est normale et passagère.
👉 Tu n’as pas à porter seul.e tous les couchers (même si ton enfant ne réclame que toi).
👉 L’autre parent a toute sa place à prendre – à sa façon.
Et n’oublie pas que le Sommeil, c’est Sacré ❤️

